Conseiller d’orientation : en Europe Francophone et Outre Atlantique

Comment jugez-vous votre orientation lors de vos études ? Avez-vous bénéficiez de l’aide d’un conseiller d’orientation pour vous aider à définir votre carrière idéale ? Non ? C’est surement dû à une appréciation très réductrice des européens pour cette discipline. Ailleurs, elle bénéficie pourtant d’une toute autre importance.

Ecouter, analyser, comprendre, déduire et proposer sont leurs principales compétences des conseilles d’orientation. Mais plus en détail, ils bénéficient de statuts et de rôles complètement différents selon leur lieu de résidence et de profession.

En ce qui concerne l’orientation vers les études et les professions en Belgique et en France, le conseiller d’orientation est directement rattaché à l’école. Il poursuit comme mission principale d’informer les jeunes sur les métiers et les formations et de les guider dans leur parcours de formation et d’insertion professionnelle.

Ces missions se traduisent pour les élèves du secondaire par des réunions collectives avec parfois un entretien individuel de courte durée, si le jeune en fait la demande. Dans le meilleur des cas, il bénéficiera de solutions pour son choix d’étude représentant un équilibre entre ce que le jeune est capable de faire (les résultats scolaires) et ce qu’il souhaite (motivation pour réussir). Ces solutions sont accompagnées de renseignements tel que les débouchés qui permettent normalement au jeune de faire un choix final.

 

Au Québec, le processus d’orientation fait partie intégrante des objectifs pédagogiques de l’école secondaire (collégiale). L’Etat confie la réglementation et la surveillance « des activités professionnelles qui peuvent comporter des risques pour le public » à des ordres professionnels qui régissent chacun une profession. « L’ordre des conseillers et conseillères en orientation du Québec » est ainsi l’un des 45 ordres professionnels que compte la province.

On remarque ici que la profession bénéficie d’une indépendance vis à vis des institutions scolaires et peut librement évoluer et proposer un service de qualité. Bénéficiant d’une haute estime, les conseillers en orientation sont directement demandés par les institutions scolaires, les entreprises et les professionnels.

En dehors de cette organisation, l’approche aussi y est très différente. Les conseillers d’orientation travaillent avec une pédagogie particulière mise au point pour l’orientation : L’Activation pour le Développement Professionnel et Personnel (ADVP). Cette pédagogie, qui est le point de repère en Belgique francophone pour l’orientation professionnelle et vocationnelle, développe de nombreux outils de travail en groupe pour activer chez la personne l’orientation.

Individuellement, elle met en évidence les objectifs, les envies, les passions, les craintes, les capacités, la volonté du jeune pour définir avec lui son besoin. Parallèlement, les conseillers recherchent avec la personne des solutions d’étude sur cette base de travail et aboutissent à un choix réfléchi que le jeune comprend et auquel il adhère.

L’utilité de cette technique est qu’elle anticipe le côté très imaginaire que nous avons des professions et de leur quotidien, qui peut amener de mauvais choix. Par exemple, un jeune qui avait le projet d’une profession peut réaliser que son caractère et ses valeurs n’y adhèrent pas du tout. Enfin, apporter de la clarté sur le projet favorise la motivation du jeune sur le long terme.

 

En Argentine, le développement de la psychologie dans les années 70  se distingue par une grande attention sur le sujet, notamment lorsqu’un penseur modélise une méthodologie qui va donner à l’orientation ses cartes de noblesse  auprès du monde de la psychologie. Ce sont ensuite les organismes privés qui développent et proposent ce service. L’orientation représente une étape importante dans le parcours scolaire des étudiants argentins. En  Europe elle reste une activité de seconde zone développée uniquement afin d’élaborer des tests tout public.

 

Les conseillers d’orientation opèrent pour faciliter et optimiser une transition entre l’école et le monde du travail, une mission déjà difficile mais en plus stratégique pour de nombreux jeunes qui peinent à trouver leur voie. Bénéficiant de nombreuses compétences, ils doivent pourtant travailler avec la place et le rôle qui leur ai donné.

Justement, quelle place souhaitons-nous leur donner pour nos enfants ?

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